Le projet Theia

Le projet Theia a pour but de créer une plateforme de relevé en ligne de gravures préhistoriques. Dans une volonté de partager les méthodes de l’archéologue et ce patrimoine fragile avec le grand public, la réalisation du relevé est proposée de manière participative. La communauté scientifique pourra procéder au relevé de manière collaborative.

Présentation

Un relevé collaboratif et participatif pour la démocratisation du patrimoine orné.

     Porté par la société Mercurio Imaging et en partenariat avec le Centre National de Préhistoire, le projet Theia propose d’expérimenter à l’aide du RTI le relevé archéologique de gravures préhistoriques de façon collaborative et participative. Ce projet se présente en réponse au besoin de valorisation du patrimoine orné, souvent difficile d’accès au grand public, mais également comme une solution adaptée au relevé collaboratif et participatif face à la diversité des usages constatée. La plateforme Theia naît donc de l’expression d’une volonté d’unifier les pratiques, de pouvoir accéder à un outil de relevé collaboratif, ainsi que de démocratiser le patrimoine orné et le métier d’archéologue.

     Ce projet s’inscrit dans une démarche en accord avec les principes de la science ouverte. La science ouverte vise à la diffusion et à la démocratisation des résultats de la recherche scientifique par la mise à disposition en accès ouvert des publications et des données issues des projets de recherches financés totalement ou en partie par des fonds publics. Pour entrer dans la démarche de la science ouverte, le projet Theia s’attachera à appliquer les principes FAIR (Facile à trouver, Accessible, Interopérable, Réutilisable) présentés pour la première fois en 2014 lors de l’initiative Data FAIRport. Les données seront “Faciles à trouver” : chacune sera décrite par des métadonnées, indexées, et d’accès libre et gratuit ; “Accessibles” : stockées et accessibles durablement ; “Interopérables” :  identifiées et décrites d’après des formats et langages ouverts et alignées avec des référentiels ouverts ; “Réutilisables” : fichiers auto-descriptifs).

Technique d’imagerie

La photogrammétrie et la RTI 

    La Reflectance Transmission Imagery (RTI), ou imagerie par réflectance et transmission, est une technique utilisée en archéologie et en conservation pour capturer des images numériques haute résolution de surfaces complexes. Contrairement à la photographie traditionnelle, le RTI utilise une série d’images prises sous différentes conditions d’éclairage. En combinant ces images, il crée un modèle 3D interactif de la surface, ce qui permet aux chercheurs d’analyser et de visualiser les détails avec une précision accrue. Le RTI est particulièrement utile pour documenter les éléments texturés ou en relief (tels que des gravures d’art rupestre). Cette technique joue un rôle essentiel dans la préservation du patrimoine culturel en permettant une documentation précise et détaillée des objets historiques et artistiques.

     La numérisation RTI pour la production d’orthophotographies dynamiquement rééclairables est un savoir-faire développé par Mercurio Imaging depuis 2019.

Elle peut être utilisée comme un outil précieux pour le relevé de l’art pariétal pour plusieurs raisons:

  • Précision géométrique : Une orthophotographie à la précision d’une carte topographique, ce qui permet d’identifier précisément l’emplacement des œuvres d’art pariétal. Cette précision peut être essentielle pour planifier la conservation et l’étude des œuvres d’art.
  • Résolution : Les orthophotos modernes ont généralement une résolution élevée, ce qui peut permettre de visualiser les détails de l’art pariétal.
  • Accessibilité : Dans certains cas, l’art pariétal peut être situé dans des zones difficiles d’accès. L’utilisation d’orthophotographies peut permettre aux chercheurs de “visiter” ces sites à distance, réduisant ainsi les risques pour l’intégrité du site et pour la sécurité des chercheurs.
  • Analyse comparative : Les orthophotos peuvent être utilisées pour comparer l’état d’un site à différents moments dans le temps. Cela peut être utile pour surveiller l’érosion ou d’autres formes de détérioration, ainsi que pour évaluer l’efficacité des efforts de conservation.
  • Visualisation en 3D : Avec des techniques modernes, les orthophotos peuvent être utilisées pour créer des modèles 3D des sites d’art pariétal. Ces modèles peuvent être utilisés pour l’étude et la conservation, ainsi que pour la création de répliques ou de visualisations numériques du site.

Cependant, il est important de noter que bien que l’orthophotographie soit un outil précieux, elle ne remplace pas les techniques d’observation et de documentation traditionnelles. Les chercheurs peuvent encore avoir besoin de visiter le site en personne pour effectuer des analyses plus détaillées ou pour collecter des échantillons pour des analyses en laboratoire.

En temps normal l’acquisition RTI qui se fait en une mosaïque d’images couvrant toute la paroi se fait sur un sol plat et dur, au moyen d’un chariot à roulettes permettant de couvrir méthodiquement la surface à numériser. Les RTI sont ensuite assemblés et fusionnés en une seule et même image.